'Deathstroke: The Terminator' #1 nous fait (re)découvrir Slade Wilson
- Alexis Fremont
- 29 mars
- 4 min de lecture

Un retour aux sources du plus célèbre des mercenaires de l'univers DC.
Par Alexis Fremont le 26 mars 2026
La simple évocation du nom Deathstroke suffit à faire trembler, au moins inquiéter, une grande partie de l'univers DC, de Gotham à Metropolis, d'hommes d'affaires aux politiciens en passant par super-vilains et autres justiciers.
Incarnation même du (sale) travail bien fait et louant ses services au plus offrant, celui que l'on nomme Deathstroke est avant tout Slade Wilson : ancien des forces spéciales, cobaye, mari pathétique et père abusif.
C'est ce cocktail à l'origine d'une des figures les plus controversées de la bande dessinée de super-héros que Tony Fleecs et Carmine Di Giandomenico se proposent d'analyser dans le premier numéro de 'Deathstroke: The Terminator'.
Complexe ; voilà un mot qui caractérise Slade Wilson.
L'ennemi historique des Teen Titans a souvent eu l'occasion de briller en solo, de quoi découvrir son passé, sa vie familiale et de couple cataclysmique, ainsi que certains personnages majeurs de sa vie, tels que son fidèle ami Wintergreen.
Ici, Slade est engagé pour s'occuper d'un lanceur d'alerte ; un coup simple en apparence, mais cachant une forteresse, des méta humains, ainsi qu'un piège bien tendu et aux conséquences dramatiques.

"The World's most dangerous assassin" passe ici au radar d'un script soigné et tenu de bout en bout par Tony Fleecs, parvenant à mêler la rigueur des tensions familiales caractérisant le monde de Deathstroke ainsi que d'une séquence d'action spectaculaire offerte gracieusement aux soins de Di Giandomenico.
Ce dernier est un artiste que j'ai découvert à l'époque de la mini-série Punisher: War Zone, dont le travail n'a jamais cessé de m'impressionner, alliant un sens du détail ahurissant à une gestion de l'espace impeccable.
Ici, l'heure est pour Slade de peaufiner les dernières touches de son job avant d'envoyer une moto dans le décor, de découper, perforer et d'utiliser tous les mots en -er s'ils lui permettent de traverser le décor et les gens avec.
En parfaite harmonie avec le trait de Di Giandomenico, se trouvent les couleurs de Ivan Plascencia.
A l'instar d'œuvres mettant en scène un ou des assassins, celle-ci se déroule de nuit, la lune, spectatrice et source d'une lumière pâle mais perçante, laisse rapidement sa place à une effusion de sang et une cascade d'explosions, au milieu desquelles surgit la silhouette orange et noire du Terminator.

Se gardant bien le droit de n'être qu'un banal showcase des capacités physique de Slade, le numéro trouve son point d'ancrage dans l'exploration de la psyché de ce dernier, et, vous l'avez deviné, des rapports qu'il entretien avec sa famille ; en particulier sa fille, Rose.
Tout au long du récit, nous avons droit à la découverte d'une lettre que Slade, le père, écrit à sa fille en lui expliquant que, s'il a déjà essayé, le changement n'est pas fait pour lui.
Héroïsme ou criminalité, la ligne est parfois très fine ; ne se résumant dans la plupart des cas qu'à une question de choix.
Chose que Slade a déjà faite mais le constat est là : il est incapable de changer, sa nature est sans doute plus forte, sa volonté trop faible ou peut-être qu'il souhaite simplement effacer toutes les idées que l'on [lecteur.ice.s et Rose] peut se faire de lui.
Dans un doux twist meta, le script de Fleecs fait admettre à son protagoniste qu'il n'est, peut-être, qu'un salaud sans cœur, souvent capable du pire, mais incapable du meilleur.
En admettant ses fautes, embrassant sa nature floue et son caractère de super-vilain, il est surtout possible d'appréhender la figure de Slade Wilson avec un recul beaucoup plus grand, permettant ainsi de l'analyser.

L'année 2026 sera symbolique pour l'écurie DC, lors du "DC: Next Level announcement" le scénariste Scott Snyder disait : « Du lancement du DC ALL IN SPECIAL à l'introduction de l'univers Absolute, en passant par l'événement DC K.O. que nous vivons actuellement, nous sommes déterminés à capitaliser sur l'enthousiasme des fans et la dynamique narrative en continuant à prendre des risques importants en 2026. »
La série Deathstroke, elle, fait partie de la première vague visant à prendre un nombre maximum de risques, tout en ouvrant la voie à un nouveau lectorat ainsi que d'opportunités de croissance pour l'éditeur.
En puisant dans une mythologie déjà bien établie, il est clair que ce premier numéro de "Deathstroke: The Terminator" est un récit d'introduction idéal pour les novices souhaitant en apprendre plus sur un personnage aperçu dans d'autres médias ou bien simplement d'une curiosité piquée sur les stands de leurs comics shops.

Deathstroke: The Terminator #1
Scénario : Tony Fleecs
Dessin : Carmine Di Giandomenico
Couleurs : Ivan Plascencia
Lettrage : Wes Abbott
Edité par : DC Comics





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